Moi, Tituba sorcière, Maryse Condé

Moi, Tituba sorcière est l'un des livres les plus connus de l'illustre Maryse Condé. Publié en 1986, ce roman retrace l'histoire de Tituba, femme mise en esclavage par un pasteur puritain et piégée, par la suite, dans les procès historiques des Sorcières de Salem (1692 – 1693).
Moi, Tituba sorcière revient sur la vie d'une Tituba – de l'île de la Barbade à la communauté puritaine du Comté de Salem, pleinement invisibilisée et que trop peu documentée dans cette violence de l'époque coloniale de l'Amérique du nord. Du fait de son approche sensible et intellectuelle de la condition féminine, autant par la construction sociale de Tituba que celles des autres figures féminines du roman, l'œuvre de Maryse Condé est à ce jour récupérée et valorisée par les mouvements d'études féministes.
Cahier d'un retour au pays natal, Aimé Césaire
Écrit par Aimé Césaire lors de sa traversée de la Croatie à l'île de la Martinique, le Cahier d'un retour au pays natal est l'un des ouvrages les plus reconnus de notre littérature caribéenne. Le Cahier…, longue balade poétique, a été modifié plusieurs fois entre 1939 et 1947. Ces variations éditoriales de l'œuvre n'échappent pas aux linguistes parce qu'elles reflètent les réélaborations de la pensée césairienne sur une période de dix ans.
Le Cahier d'un retour au pays natal nous révèle une pensée de la Négritude d'Aimé Césaire, qui aurait été influencée par une véritable conscience noire identitaire en marche dans les salons littéraires de Paris, où des intellectuels noirs se rassemblaient. Cette pensée de la Négritude, mouvement initié avec la création du journal l'Etudiant Noir, fait ainsi son chemin au sein d'une œuvre militante, profondément rythmée par une tradition de l'oralité afrocaribéenne.
Pluie et vent sur Télumée Miracle, Simone Schwarz-Bart
Pluie et vent sur Télumée Miracle, roman de la grande Simone Schwarz-Bart, raconte l'histoire de Télumée, femme noire des Antilles, petite fille de Toussine Lougandor, élevée dans un environnement rural au début du XXe siècle.

Considéré comme un chef d'œuvre de la littérature antillaise et tel un "roman-cri de l'identité du peuple", ce livre se présente comme une saga de quatre générations de femmes, lesquelles explorent tout à tour l'amour, la perte, la lutte, la survie. Figure de résistance, le personnage Télumée Mira – baptisée ainsi par sa communauté – sert à réhabiliter la femme-terre, femme paysanne longtemps absente de l'espace imaginaire de la littérature antillaise tout en mettant en lumière la condition des Noirs et surtout des femmes noires dans une Guadeloupe antan lontan.
Mimola, l'histoire d'une cassette, Antoine Innocent
En 1906, le roman Mimola, l'histoire d'une cassette, premier roman haïtien illustrant le vaudou et les croyances dans la culture haïtienne, est publié. Ce roman, dont l'auteur n'est autre qu'Antoine Innocent, s'inscrit dans les débuts de l'indigénisme, période littéraire qui aura très certainement marqué un tournant dans la littérature haïtienne. L'histoire de l'œuvre s'articule autour de Mimola, atteinte d'un mal que l'on ne saurait guérir qu'en implorant la Vierge-des-Miracles, de Saint d'eau. Ce roman nous offre un regard décomplexé sur Haïti et ses mœurs locales.

Peau Noire, Masques blancs, Frantz Fanon

Peau noire, Masques blancs publié en 1952 est un essai-étude de Frantz Fanon, psychiatre et révolutionnaire, entremêlant des réflexions et analyses et explorant de facto les effets psychologiques du colonialisme et du racisme sur l'identité des Noirs au sein de sociétés post-esclavagistes. Cet ouvrage incontournable pour l'étude des théories postcoloniales, bien que censuré par certaines institutions éducatives et pénitentiaires, met en exergue les comportements liés des colonisés et des colonisateurs – notamment l'intériorisation de la domination raciale, et propose une analyse psychologique inédite (à cette époque) des acteurs et victimes du colonialisme.
Peau Noire, Masques blancs, signé par le révolutionnaire Frantz Fanon a donc eu un impact majeur sur les théories contemporaines des mouvements décoloniaux et constitue jusqu'à ce jour un classique de la littérature noire francophone qui ouvre la voie à une décolonisation collective.
